On va dire des gros mots !

Qu’est ce qu’un enfant ?

Un enfant c’est quoi au juste ?

Je vous l’accorde, la question peut paraitre un peu naïve comme ça et sans grand intérêt puisque tout le monde aujourd’hui sait ce qu’est un enfant (du moins je l’espère). Maaais siiii, vous savez, ce petit humain aux yeux pétillants, qui parfois parle pas très bien, parfois même pas du tout. Qui a de l’énergie à revendre à EDF à en devenir millionnaire en quelques jours, qui peut avoir une conception abstraite de l’espace personnel ou de la propriété de ceux qui l’entoure. Qui mange, au choix, la moitié du gâteau ou le paquet entier. Qui peut, à l’occasion, se révéler bruyant. Ou très silencieux, ce qui d’ailleurs peut-être suspect ou complètement reposant. Ce petit être vivant d’émotions et d’émerveillement perpétuel. Et bien c’est de lui qu’on va parler maintenant.

Je pense que notre enfant intérieur, notre propre éducation, notre culture, la composition de notre famille, nos valeurs, notre mode de pensée, notre personnalité… Bref, tout ce qui nous constitue en tant que personne finalement, influence particulièrement cette définition qu’on peut chacun en donner. Un papa, une grand-mère, un éducateur, une auxiliaire de puériculture, un patron de banque, un adolescent ne donneraient surement pas la même définition si on leur posait la question. Chacun a au fond de lui une image et insiste plus sur ce qu’il trouve la plus représentative des caractéristiques qu’il attribue à l’enfance : la douceur, la magie, la vulnérabilité, l’innocence, l’émerveillement, l’énergie…
L’idée commune qui ressort quand même principalement aujourd’hui c’est qu’on reconnait l’enfant comme être une personne à part entière.  Mais est-ce qu’on le considère réellement comme tel ?

C’est en rédigeant cet article que j’ai réellement réalisé que la vision que l’on a de l’enfant a énormément évolué au cours de l’histoire. Mais aussi (et surtout !) que toute les phases de cette évolution ont toujours un impact sur le regard que porte la société sur l’enfant aujourd’hui.
Je m’explique.

Un peu d’histoire…

Si on remonte un peu le temps, à l’époque d’autrefois, il y a fort, fort, longtemps, l’enfant était considéré comme un don de la Terre-Mère. On fait un peu des enfants parce qu’il faut en avoir, il faut assurer une descendance à la famille, à la lignée. Du coup, la notion de désir d’enfant n’est pas vraiment mise en valeur, ce qui a forcément une influence sur la manière dont on les considère. Sans oublier qu’il y a alors une très faible espérance de vie et surtout une forte mortalité infantile.

Pour les Romains, sous l’Antiquité, c’est une sorte de non citoyen. On doit lui apprendre à en devenir un car il serait bien incapable de le faire lui-même. Du latin « infans » : celui qui ne parle pas (jusque-là tout va encore bien), l’enfant est un être esprit vide que l’adulte a la responsabilité de remplir (ouais ça se complique…).

Au Moyen-Age en Occident, on commence à observer deux types de vision de l’enfant. La société devient très liée au religieux et il devient le symbole de l’aboutissement du mariage chrétien. Il assure la continuité de la famille. Et grâce l’image de l’enfant-Jésus de plus en plus représenté dans l’art religieux, il devient un être digne d’intérêt (ah quand même !). On veut préserver son « innocence enfantine » alors on lui accorde une importance, on le protège, on le chérit. Mais particulièrement les tout-petits.

D’un autre côté c’est encore une vision froide et dure de l’éducation qui prévaut : les enfants sont des êtres fragiles dont il faut éduquer l’esprit qui en plus de vide devient corrompu. On imagine que l’enfant est rempli d’instincts mauvais qu’il faut à tout prix éliminer. Le petit enfant est considéré sourd et aveugle. Un « tube digestif », qu’il faut nourrir et changer, ce qui demande du temps et des moyens. L’éducation des plus âgés se fait souvent par les coups et les apprentissages par du par cœur.

C’est le Siècle des Lumières qui donne une lueur un peu plus positive et intéressante sur la période de l’enfance (Et la lumière fut !). D’une part les femmes revendiquent de plus en plus l’envie de ne plus mourir en mettant au monde leurs progénitures (si possible hein…) mais aussi qu’elles-mêmes y survivent (si possible hein…) et réclament alors des « accoucheurs savants » plutôt que la tante de la voisine de la belle-mère ou un quelconque inconnu ayant entendu des cris en passant par-là (SI POSSIBLE HEIN !!!)

Jusqu’à la fin du 19ème siècle l’enfant est bien accueilli, car s’il représente lui-même des responsabilités, il est considéré comme un travailleur très utile et surtout très rentable (Eh oh, Eh oh, on rentre du boulot !). Engagé aussi bien dans le domaine agricole, dans des ateliers ou en tant que domestique, il peut participer à la vie de la famille ou même en assurer la survie. L’infertilité est d’ailleurs vécue comme une punition divine ou une malédiction !

Puis petit à petit partout en Europe des lois (souvent mal appliquées) commencent à interdire le travail des enfants d’abord dans les mines, puis limitent l’âge minimum ou le nombre d’heures. Il faut quand même attendre le 20ème siècle pour que le travail des mineurs soit totalement interdit ! Ce qui, quand on y pense, est vraiment tout récent.

On ne peut pas omettre de parler de l’accès à la contraception qui permet de révéler un vrai désir d’enfant les couples, qui devient de ce fait le centre de toutes les attentions.

Et pour finir en beauté, tout aussi récent, la Déclaration des Droits de l’Enfant en 1959. Puis, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, adoptée par les Nations Unies en novembre 1989. Les 20 Novembre de chaque année sont d’ailleurs depuis les Journées Internationales des Droits de l’Enfant. On y retrouve tous les droits considérés comme FONDAMENTAUX. Ils regroupent des droits individuels et très simples comme le droit à la vie, mais aussi des droits sociaux et économiques par exemple. (Si vous voulez en savoir plus, vous trouverez un article plus détaillé juste ici !)

Jusqu’à l’enfant d’aujourd’hui

Ce que je retiens de tout ça finalement c’est que l’enfant n’est jamais vu autrement que par le regard de l’adulte. Il est complétement dépendant de ce regard que nous portons sur lui et de la valeur que nous lui donnons, ou non ! L’historique de sa place dans la société l’illustre parfaitement. Et tout cela influence forcément notre positionnement, notre manière d’accompagner les enfants dans le monde. Il est sur que si on les voit d’emblée comme de petites choses fragiles ou mauvaises par nature, complétement dépendantes à tout niveau et sans capacités propres, on a vite fait de s’ennuyer de s’occuper d’eux et de ne pas les trouver très intéressants, particulièrement au début. Mais si dès le départ on change totalement notre regard, qu’on le pose vraiment sur l’enfant et qu’on apprend à le rencontrer pour de vrai, ça devient la plus belle aventure du monde (sans en rajouter, juré craché !).

Nous sommes très loin de cette idée de « bébé/tube digestif » aujourd’hui mais, malgré tout, tout cet historique reste imprégné en nous. Et je le vois, vous devez aussi le voir, l’entendre, au quotidien, chez certaines personnes ça peut être encore très imprégné ! Et je trouvais ça énervant avant de réaliser qu’il fallait avant tout faire plus de pédagogie. En fait c’est même compréhensible, nous sommes au tout début de la révolution de la petite enfance si on peut le dire comme ça. Des recherches sur les neurosciences, le développement ou la psychologie de l’enfant nous révèlent chaque jour presque des nouvelles merveilles sur l’enfant. On en apprend beaucoup plus du coup sur la pédagogie, on l’adapte. Mais c’est encore le début, ça commence seulement à peser dans la balance. En soit c’est déjà un pas énorme quand on pense aux dates toutes récentes que je vous ai donné plus haut.

Si je peux, à mon minuscule niveau, sensibiliser ne serait-ce qu’une personne sur la cause de l’enfance. Ou seulement l’intéresser. Ou bien juste le questionner. Ce serait déjà une immense victoire pour moi. Avec mon métier j’ai pris la responsabilité de défendre la cause de l’enfance, j’ai envie de partager mon regard. Il s’agit vraiment pour moi de redonner à voir l’enfant autrement. Et ca me parait d’utilité publique !
De s’émerveiller et d’apprendre de lui, autant qu’il le fait de nous pour se construire. Nous y gagnerons tout, j’en suis certaine !

A vous de me donner votre définition de l’enfant, je suis curieuse de savoir ?
Pas de bonnes ou mauvaises réponses : ce qu’il y a de magique, ce que la bonne c’est toutes les définitions réunies 😉 !

A très bientôt !

Carmen

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